Aux confins de
l'ommnipotence de l'INPI
L'autisme des grandes institutions est bien connu.
L'INPI n'échappe pas à cette psychose, qui se voit, certainement en toute bonne foi, comme le monarque régnant, face à la population des innovateurs, et tout particulièrement face à ceux qui se disent "inventeurs".
Au regard de l'Institut, celui qui se présente comme inventeur, et qui, au lieu de dire "mon invention", prononce souvent, en toute candeur "mon brevet", ne pourra échapper au dépôt de la demande correspondante, et n'aura d'autre solution, pour faire valoir ses droits de créateur, que de faire breveter la "solution technique" qu'il sera censé avoir élaborée.
Si, d'aventure, la présumée "solution technique" en question allait manquer manifestement de nouveauté, par rapport à l'état de la discipline concernée, on chercherait côté "dessins et modèles" les points qui pourraient faire l'objet d'un dépôt.
Et, en finale, si ce chemin ne pouvait aboutir, on se résoudrait à proposer le dépôt d'une marque, censée identifier un produit, une prestation, certes élaborés du chef du créateur en cause, mais démunis de caractéristiques suffisamment nouvelles pour être estimées aptes à fonder brevet ou modèle.
Au pire, l'on se rabattrait sur l'enveloppe Soleau, le fourre tout franco français où n'importe qui peut mettre n'importe quoi.
On le voit, l'institution dispose de suffisamment d'outils pour "ratisser large" en matière de clientèle. Elle est en outre persuadée que ces outils sont bel et bien les seuls existants à la face du monde.
En conséquence, non content de disposer réellement du monopole de la Propriété dite "Industrielle", l'INPI se voit, en fait, détenir un monopole beaucoup plus vaste: Celui qui consiste à se présenter comme incontournable, face aux innovateurs, inventeurs, ainsi "monopolisés" à leur tour.
Cet état de fait a duré environ une cinquantaine d'années. L'INPI a été fondé en 1951, et a établi son influence tout au long de la seconde moitié du XXe.
Mais le monde évolue en permanence, et la fin du XXe nous a apporté la mondialisation et l'Internet, notamment.
En raison de ces bouleversements, les habitudes et routines nationales ont dû s'adapter au gommage de certaines frontières, en Europe, et à la pratique de la communication mondiale instantanée.
C'est ainsi que les "produits français" de l'INPI, qui pouvaient avoir une certaine efficacité dans les temps passés, désormais révolus, ont pris quelques rides, dans la mesure où l'innovation n'est pas l'apanage de l'hexagone, et où la pression du reste du monde se fait sentir chaque jour davantage.
Quels droits peut-on faire valoir à l'étanger, à l'aide d'un brevet uniquement français: Aucun.
L'inventeur ne donc peut plus s'en tenir à ne briguer que la seule protection nationale qui lui est promise par le brevet, il se voit de nos jours contraint d'acheter un grand nombre de brevets étrangers, ce qui implique des dépenses hors de proportion avec ce qu'il était possible de faire dans le passé.
En raison de ces faits indéniables, l'omnipotence réelle de l'INPI, qui se présente, implicitement, comme le grand protecteur de l'inventeur, s'est considérablement relativisée.
Le brevet français est aujourd'hui réduit à n'être plus que la demande initiale par laquelle il faudra obligatoirement briguer des brevets étrangers, si l'on veut exister sur l'échiquier mondial.
N'est-il pas abusif de laisser croire à l'inventeur lambda que son seul brevet national peut lui apporter, intrinsèquement, la moindre protection, sans parler du fait établi qu'il est délivré sans aucune garantie d'aucune sorte.
Malgré tout cela, l'INPI campe sur sa position dominante en pontifiant: "Seul le brevet protège l'invention"... Et veut ignorer toute autre solution.
C'est dans ce contexte que certains se sont mis en quête d'alternatives au brevet, offensant ainsi la docte institution. Certains iconoclastes, dont votre serviteur, se sont permis de faire savoir que l'innovation, à notre époque, pouvait s'en remettre à d'autres modes de protection que celle que le brevet fonde sur des solutions techniques.
Il n'en fallut pas plus pour que l'INPI déclenche la "guerre contre les Droits d'Auteur", bien que sa mission officielle ne le lui permette pas.