“Ça s’en va et ça revient”:

le droit d’auteur fait tomber la marque.

 

D’après un article paru le 14 février 2006 dans le quotidien Le Nouvel Obs, la Cour d’Appel de Paris, dans un arrêt du 3 février 2006, a confirmé la condamnation d’ARDIS SA, la société de production de Thierry Ardisson, pour avoir adopté l’expression “ça s’en va et ça revient” en tant que nom d’une de ses émissions.

La Cour d’Appel a en effet considéré que la phrase isolée “ça s’en va et ça revient”, issue du refrain d’”Une chanson populaire” écrite par Nicolas Skorsky et interprétée par Claude François, était protégeable par droit d’auteur en ce qu’elle constituait une oeuvre unique et originale.

Elle a donc annulé le dépôt de la marque “ça s’en va et ça revient” de la société ARDIS SA et a condamné cette dernière à verser 20 000 euros à titre de dommages et intêrets à Nicolas Skorsky.

En effet, en application de l’article L.711-4 du Code de la Propriété Intellectuelle, “ne peut être adopté comme marque un signe portant atteinte à des droits antérieurs, et notamment (…) aux droits d’auteur”.

Cet arrêt de la Cour d’Appel de Paris est également conforme à la jurisprudence française constante selon laquelle le droit d’auteur n’est pas soumis au principe de spécialité.

En effet, l’antériorité issue d’un droit d’auteur vaut pour tous les produits et services."Ca s'en va et ça revient"

Ardisson débouté

Jugement confirmé pour la société de production Ardis condamnée à une amende pour avoir voulu utiliser la première phrase d'une chanson de Claude François.

Dans un arrêt du 3 février, rendu public mardi 14 février, la cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation d'Ardis, la société de production de Thierry Ardisson, pour avoir voulu utiliser, pour une de ses émissions, l'expression "ça s'en va et ça revient", attribuée à Claude François et Nicolas Skorsky.

La haute juridiction a estimé que l'expression "ça s'en va et ça revient" était une création "unique et originale", directement liée à la chanson interprétée par Claude François et écrite par Nicolas Skorsky.

Dans son arrêt, la cour estime "qu'il n'est aucunement établi que cette expression, indéniablement unique et originale, serait passée dans le langage courant avant l'interprétation de Claude François".

Annulation du dépôt de la marque

Elle a, donc, condamné la société de production de Thierry Ardisson, Ardis, à 20.000 euros de dommages et intérêts confirmant, par là, un premier jugement.

Nicolas Skorsky s'était opposé à ce que l'expression soit utilisée pour le titre d'une des émissions de la société, diffusées entre 2000 et 2002 sur France 2.

Il a, par ailleurs, obtenu l'invalidation du dépôt de la marque "Ca s'en va et ça revient", par Ardis, à l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI).

Nicolas Skorsky s'est félicité du jugement, "très important car il réaffirme le principe même du droit d'auteur et marque un point décisif contre ceux qui bafouent la propriété intellectuelle et s'approprient des concepts".

"Ca s'en va et ça revient" est la première phrase du refrain d'"Une chanson populaire", l'un des plus grands succès de Claude François.

Ecaterina Iorgulescu


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